Hépatite A - Portrait du virus

 

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Le virus de l’hépatite A – le VHA – est une petite particule d’environ 30 nanomètres de diamètre (= 30 milliardièmes de mètre ou = 30 millionièmes de millimètre) et fait partie du groupe des picornavirus.

Il est très résistant dans le milieu extérieur et en particulier à la chaleur (60 min. à 60°C).

Il peut survivre pendant de longues périodes.
Son génome est constitué d’une seule chaîne d’ARN sans enveloppe
Une très faible dose de virus suffit pour contaminer une personne.

Carte mondiale des zones endémiques de l’hépatite A

 

 

Description médicale

 

L’hépatite A est l’hépatite virale la plus répandue au monde avec des zones de haute endémicité en Afrique et dans l’Asie du Sud-Est

L’hépatite A est la forme la plus bénigne des hépatites virales.

L’hépatite A survient habituellement au cours de l’enfance ou chez l’adulte jeune (50 % des cas avant l’âge de 30 ans). Elle peut réaliser de petites épidémies dans des collectivités (crèches, écoles, institutions d’enfants). Elle peut aussi se transmettre par voie intra – familiale.

L’hépatite A est provoquée par un virus qui est rejeté avec les selles par le malade. Le virus de l’hépatite A se transmet donc par l’eau, les aliments contaminés ou même les mains souillées. Ce virus peut aussi se transmettre par les pratiques sexuelles orales – anales.
Il n’y a jamais d’évolution vers la chronicité et l’hépatite fulminante est rare (0,15 à 0,35 % des cas).

Une fois que la contamination s’est produite, la période d’incubation (= temps qui s’écoule entre l’exposition initiale au virus et l’apparition des premiers symptômes de la maladie) varie de 15 à 45 jours. La durée de la période d’incubation varie selon la quantité de virus à laquelle le sujet a été exposé. L’exposition à une dose virale importante raccourcit la période d’incubation.

Le virus, avec les aliments ou l’eau contaminée, passe dans l’estomac sans subir de dommages et arrive dans le foie après le passage par l’intestin grêle et la veine porte. Il se met à se multiplier à l’intérieur de la cellule hépatique et repasse dans l’intestin, où il sera éliminé avec les selles.

La guérison survient spontanément au bout de deux à huit semaines, mais chez certains, la maladie peut durer six mois.
Sauf exception, il ne restera aucune séquelle.

Symptômes


La maladie apparaît dès le début sous le mode aigu avec des symptômes de type grippal.
• fièvre,
• mal de tête,
• courbatures, faiblesse,
• nausées, manque d’appétit,
• inconfort abdominal
• jaunisse
• foie sensible au toucher.

Remarque : la jaunisse se manifeste chez 50 à 80 % des adultes, mais elle n’apparaît que rarement chez les enfants. L’hépatite A peut donc souvent passer inaperçue. On peut croire qu’il s’agit d’un coup de froid, d’un gros rhume ou d’une grippe.

 

Facteurs de risques ou modes de contamination

 

Le virus de l’hépatite A est présent dans les selles des personnes infectées. Généralement, c’est en ingérant une substance contaminée par les matières fécales d’une personne infectée que l’on contracte la maladie. Le virus se transmet plus facilement lorsque les conditions sanitaires et l’hygiène personnelle laissent à désirer. Le virus peut également être transmis au cours de rapports sexuels oraux ou anaux.

On peut contracter l’hépatite A en buvant de l’eau contaminée ou en mangeant des mollusques ou des crustacés crus ou insuffisamment cuits provenant d’eaux contaminées. Les fruits, les légumes et d’autres aliments peuvent être contaminés pendant la manutention. Cependant, le fait de travailler avec une personne infectée, dans le même bureau par exemple, ne présente pas de risque.

 

Attention pour ceux qui :

• Travaillent dans les égouts ou les prisons, pour la police ou le service des incendies, ramassage des ordures.
• Voyagent dans tout pays où les règles d’hygiène laissent à désirer – en particulier dans les pays sous-développés. Sont particulièrement à risque les régions suivantes : Mexique, Amérique centrale, Amérique du Sud, plusieurs zones des Caraïbes, Asie (sauf le Japon), Europe de l’Est, Moyen-Orient, bassin méditerranéen, Afrique.
• Séjournent dans des lieux à risques : cantines d’école ou d’entreprise, centres d’alimentation, garderies, colonies de vacances, maisons de retraite, hôpitaux, centres dentaires …

La prévention

 

1. Règles d’hygiène 
En zone d’endémie une hygiène élémentaire des mains est nécessaire ainsi qu’un soin rigoureux pour les aliments et les boissons.
Faire attention à ce qu’on boit. Ce qui signifie : ne jamais boire l’eau du robinet. Choisir des boissons en bouteilles qui seront décapsulées devant soi. À défaut, stériliser l’eau du robinet en la faisant bouillir pendant trois à cinq minutes.
Pour se brosser les dents, utiliser aussi une eau non contaminée.
Ne jamais ajouter des glaçons aux boissons, à moins qu’ils n’aient été préparés avec une eau minérale provenant d’une bouteille encapsulée. Il faut également éviter les boissons gazeuses et les bières produites localement.
En cas de blessure accidentelle, ne jamais nettoyer la plaie avec l’eau du robinet. Il faut le faire uniquement avec un désinfectant.
Éliminer de son alimentation tous les aliments crus même lavés, étant donné que l’eau de lavage risque d’être elle-même contaminée. Et ce, d’autant plus que, dans les régions à risque, ces aliments peuvent être aussi infectés par d’autres germes pathogènes. Il faut donc éviter la consommation de fruits ou légumes non cuits (sauf ceux ayant une pelure), et des salades vertes; de viandes et poissons crus; et de fruits de mer et autres crustacés qui se consomment généralement crus.
Les recommandations alimentaires qui précèdent s’appliquent également pour ceux qui fréquentent les meilleurs hôtels ou les circuits touristiques bien établis.
Utiliser systématiquement les préservatifs lors des rapports sexuels si l’on voyage dans des régions à risque.
En tout temps ou en cas de personne infectée dans la maisonnée : faire attention aux produits de la mer mangés crus. Il faut les acheter dans des magasins fiables et les nettoyer à fond. On doit également se méfier de la consommation de moules et autres produits de la mer que l’on ramasse sur les bords de mer en période estivale.
Si on vit avec une personne infectée ou si on est soi-même contaminé, il est important de bien se laver les mains après la défécation ou avant de manger pour éviter toute contagion possible dans la maisonnée.

Risque de contagion : étant donné que l’hépatite A est souvent asymptomatique, il est facile de propager le virus sans le savoir. La personne atteinte est contagieuse deux semaines avant la jaunisse et sept à dix jours après la disparition de ce symptôme.

Risque de rechute : le sang contient désormais des anticorps spécifiques qui fournissent normalement une protection totale à vie. Dans 5 % des cas, il arrive cependant qu’une hépatite A s’aggrave et soit suivie de rechutes.

2. Vaccination 
Le vaccin utilisé pour les adultes s’appelle « Havrix 1440″ dont le schéma de vaccination comporte une injection intramusculaire dans la région deltoïde (épaule) avec un rappel à 6 mois ou à 1 an. Pour les nourrissons au-dessus de 1 an et les enfants jusqu’à 15 ans, on utilise le vaccin « Havrix 720 » avec le même schéma d’injections. L’enfant et l’adulte sont ainsi protégés à vie.
La vaccination systématique dans l´enfance peut avoir pour ambition, en termes de santé publique, d´éviter la maladie à l´âge adulte, quand elle devient potentiellement plus menaçante.
Le vaccin est recommandé pour tous les voyageurs allant vers les pays endémiques, le personnel médical et paramédical, les sujets au contact des personnes infectées, les égoutiers, les militaires, les personnels de crèche et les puéricultrices, les usagers de drogue par voie intraveineuse, les personnels des chaînes alimentaires et de la restauration.

Dans les pays en voie de développement :
100 % des enfants de < 10 ans ont rencontré le VHA. Ils deviendront des adultes immunisés, protégés.
Mais chez nous ?
Aujourd’hui, moins de la moitié des adultes de 50 ans sont protégés…

Prévalence Anti-VHA en fonction de l’âge.

 Etude épidémiologique ’99-2000 HAV spécifique Prévalence pour les Belges (ESEN-2)

 Années  Mortalité/an  incidence  %
 1982-1984  7.129  72/100.000  57% entre 5 et 19 ans
 1991-1992  2.326  23/100.000  63% plus jeunes que 20 ans

Causes de l’infection :
- contacts de patient à patient : 41%
- voyages : 19%
- alimentation : 19%

Ictère (jaunisse) et Hépatite A
< 10 ans : 10 %
10 – 40 ans : 10 – 50 %
> 40 ans : ~ 75 %
Lednar, Am J Epidemiol 1985
Une hépatite A clinique se «paie» par 3 mois de perte d’activité professionnelle en moyenne
Hépatite A : Hospitalisation et Décès en fonction de l’âge
63.363 hépatites A aux États-unis en 1997 (estimation)
Age  infection
15-29
30-39
40-49
50-59
60-69
70-79
>80
 HOSPITALISATION
10%
11%
16%
21%
26%
33%
43%
 DECES
0,18%
0,21%
0,36%
0,81%
1.49%
2,83%
3,85%

 

Moins de 20 jours après le vaccin, la personne est totalement protégée contre l’hépatite A.

Slides du Dr Jean Henrion, Président de la BASL – Hôpital de Jolimont, du Pr Van Damme, Universiteit Antwerpen, du Pr Van Laethem, Hôpital St Pierre, Bruxelles
Conférence de presse – Bruxelles – le 11-05-20
3. Effets secondaires suite à la vaccination et conduite à suivre
1. Dans la majorité des cas, le vaccin ne provoque aucune réaction.
2. Le vaccin peut entraîner une rougeur, un gonflement et une sensibilité au site d’injection dans les 48 heures qui suivent la vaccination. L’application d’une compresse humide froide réduira les symptômes.
3. Rarement, le vaccin pourra entraîner de la fièvre, des maux de tête, des douleurs musculaires ou articulaires qui disparaissent spontanément. Il est conseillé de se reposer, de bien s’hydrater et d’utiliser un médicament contre la fièvre (si fièvre de 38,5°C buccale ou 39,0°C rectale et plus) de type «dafalgan».
4. Il n’y a pas eu de réaction allergique sévère associée au vaccin contre l’hépatite A jusqu’à présent.
5. En présence de réactions importantes suite à la vaccination, consulter un médecin.

Diagnostic, évolution et traitements médicaux

Diagnostic : Le diagnostic se fait en confrontant les signes cliniques avec les résultats des analyses biologiques – la présence d’anticorps anti–VHA dans le sang.
N.B. : Alors que la recherche du virus dans le sang s’impose dans le cas des autres formes d’hépatites, elle n’a que peu d’intérêt thérapeutique pour l’hépatite A. Généralement, elle est d’ailleurs négative puisqu’au moment où se font les analyses, le virus a quitté le sang et n’est plus détectable que dans les selles.
Evolution: l’hépatite A évolue toujours vers la guérison, sauf en cas de forme fulminante observée dans 1 cas pour 10 000. Il a été décrit des formes à rechute avec un nouveau pic de transaminases, 1 mois après le début de l’infection, observées dans 5 à 7 % des cas ainsi que des formes cholestatiques (5 %) pour lesquelles la guérison peut être longue, en moyenne 6 mois après le début de l’infection.
Traitements médicaux : il n’existe pas de médicaments spécifiques pour traiter une hépatite A déclarée.

Les médecins recommandent néanmoins d’appliquer certaines mesures pour favoriser la guérison :

• D’abord le repos, mais cela ne signifie pas forcément un long et total repos au lit. On a observé que les personnes qui restent actives physiquement avec modération guérissent à peu près aussi vite que les autres.
• Boire beaucoup d’eau.
• Avoir une alimentation qui ne surmène pas le foie. Autrement dit : manger des aliments faibles en matières grasses, supprimer le café et l’alcool.

N.B. : Alors que la recherche du virus dans le sang s’impose dans le cas des autres formes d’hépatites, elle n’a aucun intérêt thérapeutique pour l’hépatite A. Généralement, elle est d’ailleurs négative puisqu’au moment où se font les analyses, le virus a quitté le sang et n’est plus détectable que dans les selles.

Traitements non conventionnels ou autres approches

L’approche holistique* rejoint l’approche strictement médicale en ce qui concerne le repos, la consommation d’eau et l’alimentation. Elle suggère aussi de combattre l’effet hépatotoxique de certaines substances (médicaments, polluants industriels) et des émotions négatives.Le foie est la grande usine de filtration de l’organisme et, en cours d’hépatite, il vaut mieux ne pas lui fournir trop de travail. Il a besoin de tout le repos nécessaire pour réparer les conséquences de l’agression virale. Certaines mesures supplémentaires peuvent s’avérer utiles pour soulager le foie et accélérer la guérison.Aliments et boissons dont il faut réduire ou éviter la consommation :Les «mauvaises» graisses (graisses saturées, margarine, huiles usinées) et les aliments qui en contiennent (viandes rouges, charcuteries, etc.).
Pour répondre aux besoins en protéines, mieux vaut miser sur les produits laitiers maigres, le poisson, la volaille ou tout simplement sur les protéines d’origine végétale (tofu, légumineuses, noix, etc.).
L’alcool. Ses méfaits sur le foie en cas d’excès sont bien connus. En cas d’hépatite, il vaut mieux renoncer à toute consommation d’alcool même modérée jusqu’à la guérison complète.Le thé et le café. Leur usage est doit être modéré.Aliments qui aident le foie à mieux fonctionner : ail, artichauts, citrons, légumes verts, oignons, patates douces, pommes.L’homéopathie, la phytothérapie, l’acupuncture peuvent donner un coup de main à un foie en détresse mais attention ! Il faut toujours en parler avec votre médecin car certaines plantes ou pratiques peuvent, au contraire, aggraver votre bilan de santé.

Gestion du stress et de la colère. Parallèlement au repos strictement physique, il est souhaitable de s’accorder un repos «émotionnel». Il s’agira en particulier de réduire l’impact du stress et de la colère qui peuvent avoir un impact négatif sur le foie. Une bonne gestion des émotions négatives avec une technique de relaxation, par exemple, pourrait donc aussi épargner un surcroît de travail au foie et, ce faisant, favoriser sa guérison.

* Holisme = doctrine selon laquelle face à l’expérience, chaque énoncé scientifique est tributaire du domaine tout entier dans lequel il apparaît.

En résumé

Le virus de l’hépatite A (VHA).

L’hépatite virale A est une maladie du foie d’origine virale généralement bénigne, qui se transmet par la bouche (voie oro-fécale).
Elle peut être prévenue par la vaccination et une hygiène personnelle et collective minimale (lavage des mains, utilisation de l’eau propre et cuisson correcte des aliments).
La transmission du VHA se fait donc par ingestion d’eau ou d’aliments contaminés par les matières fécales infectées. La contamination des eaux potables est fréquente dans les régions où les réseaux d’assainissement sont insuffisants ou inexistants. Dans ces régions (Europe de l’Est, Afrique, Asie, Amérique du Sud), la presque totalité des enfants de moins de 10 ans ont rencontré le VHA alors que dans les pays occidentaux environ 50% des sujets âgés de 40 ans l’ont rencontré.
L’infection aiguë est asymptomatique chez la plupart des patients. Seulement 10% des patients sont symptomatiques : ictère, fièvre, douleurs, vomissements, fatigue.

L’hépatite A guérit toujours et sans séquelle. Le diagnostic se fait par une simple prise de sang.

La convalescence parfois prolongée de certains patients justifie la vaccination des groupes à risque: les voyageurs dans les zones d’endémie, les ouvriers de certaines industries alimentaires, le personnel des crèches et des garderies… Le vaccin (Havrix®) est injecté par voie intramusculaire. Un rappel doit être fait au 6ème mois. Ce vaccin est sûr et efficace. La protection se maintient à vie.