Rapport sur la première Journée Mondiale des Hépatites (19 mai 2008) • Compte rendu du colloque à propos de l’hépatite B

Rapport sur la première Journée Mondiale des Hépatites (19 mai 2008)

• Compte rendu du colloque à propos de l’hépatite B


En Belgique et en 2008, l’hépatologue peut-il traiter correctement son malade atteint d’hépatite B ?
NON !



Importance de la charge virale (ADN du VHB)

La relation est claire entre le niveau de la charge virale et le pronostic.
Une charge virale élevée est associée à une plus grande progression vers la cirrhose, la cirrhose décompensée, le besoin de transplantation hépatique et le développement du cancer.
Par contre, les transaminases ne peuvent pas prédire l’évolution et la gravité de la maladie,
mais jouent un rôle prédictif de réponse au traitement.



La découverte des analogues des nucléosides et des nucléotides (antiviraux) a permis d’offrir une alternative thérapeutique aux patients n’ayant pas répondu au traitement antérieur ou ne tolérant pas l’interféron a. Ces antiviraux agissent en inhibant l’activité de la polymérase virale impliquée dans le processus de réplication virale. – Cependant, l’administration prolongée d’antiviraux favorise l’émergence de mutants capables de survivre et de se répliquer sous traitement. Les principales mutations sont situées dans le gène de la polymérase virale et sont actuellement définies. Elles entraînent un échappement viral, qui se manifeste dans un premier temps par une augmentation de la charge virale, puis cliniquement, par la reprise de la progression de la maladie hépatique. – Une surveillance régulière du patient est donc indispensable pour détecter la survenue d’une résistance et pour modifier le traitement avant que celle-ci n’entraîne une nouvelle poussée inflammatoire hépatique. L’addition d’un autre analogue de nucléoside ou de nucléotide sans résistance croisée avec le précédent représente la meilleure stratégie thérapeutique dans la prise en charge des souches résistantes au traitement antiviral. – La prévention des résistances peut être obtenue par la combinaison d’antiviraux d’emblée ou l’addition précoce d’une seconde molécule antivirale en cas d’inhibition insuffisante.

(FOURNIER C. ZOULIM F. – La Lettre de l’hépato-gastroentérologue ISSN 1286-580X – 2006, vol. 9, no4)

Objectifs de la thérapie

Premier grand objectif de la thérapie: supprimer l’ADN du VHB autant que possible
• Prévenir la progression de la maladie
• Prévenir la cirrhose et la décompensation
• Prévenir le cancer du foie
• Éviter la transplantation hépatique et la mort

Deuxième objectif majeur du traitement: guérir du virus de l’hépatite B
• En cas d’ AgHBe positif : séroconversion AgHBe et développement de thérapies anti-HBeAb (et éventuellement de conversion AgHBs)
• En cas d’ AgHBe négatif : séroconversion AgHBs et développement de thérapies anti-HBsAb

Le traitement de l’hépatite B, comme celui de la plupart des maladies virales chroniques, reposera à terme sur des associations thérapeutiques dont l’efficacité sera contrôlée par la surveillance de l’émergence de souches résistantes.

Indications pour le traitement des malades HBeAg-négatifs

• les recommandations sont les mêmes que pour les malades HBeAG-positifs
• La limite de détection de l’ADN du virus B pour commencer un traitement doit être inférieure à 2000 UI/mL

Indications pour le traitement des patients avec cirrhose décompensée

Le traitement doit être considéré quel que soit l’état de l’antigène HBe mais avec des taux détectables d’ADN du virus B.

Médicaments disponibles

* Actuellement, il n’y pas de prix disponibles pour ces médicaments en Belgique,
nous avons donc utilisé les prix de la publication de Hoofnagle et al {Hoofnagle, 2007}.
° Le prix indiqué pour la Telbivudine est le prix moyen des pays européens, le prix en Belgique n‘étant pas encore publié.
°° Il s’agit du prix de l‘Entecavir 1 mg et non du prix pour la dose de 0,5 mg
? Un malade atteint du VHB peut parfois devoir être traité à vie.

Médicaments disponibles

• Interféron Pégylé : pas de phénomène de résistances et 27% de séroconversion HBeAg.
• Nucléos(t)ides analogues : mais
• Les chances de guérisons dépendent de la rapidité du déclin viral
• La probabilité de développer une résistance dépend de la barrière génétique du médicament et de la rapidité d’élimination du virus.
• Survenue de résistance croisée et transmission de souches résistantes

Médicaments de Première Ligne

Interféron Pégylé
Seul nucléotide : la Lamivudine !

Ce slide démontre clairement que la Lamivudine est l’antiviral qui provoque le plus de résistance, et ce, dès la première année de traitement.


D’après les slides du Professeur Isabelle Colle (UZ- Gent) et du Pr Michael Adler (ULB – Erasme – Bxl)

Il faut choisir un médicament avec l’activité antivirale la plus puissante et le taux de résistance le plus bas.
Mais en Belgique, les traitements de première ligne ne sont pas du tout adaptés !

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