Rapport sur la première Journée Mondiale des Hépatites (19 mai 2008) • Compte rendu du colloque à propos des coûts dus aux VHB et VHC

Rapport sur la première Journée Mondiale des Hépatites (19 mai 2008)

• Compte rendu du colloque à propos des coûts dus aux VHB et VHC


HEPATITES B et C – Dans la réalité, cela coûte-t-il si cher de traiter un patient hépatique ?

D’après la présentation du Pr Frederik Nevens (UZ Gasthuisberg – Leuven)
au Sénat ce 19 mai 2008
+ autres présentations et interviews en 2006

Le tableau financier est impressionnant.
Les frais purement médicaux pour la communauté s’élèvent à 17.500 euros par patient sur base annuelle. On a également calculé combien la communauté peut ou doit investir pour un patient du point de vue efficacité/coûts si l’on désire faire vivre un patient un an de plus, comparé à une autre indication.
Frederik Nevens : « Prenons comme référence le trastuzumab (Herceptin®) qui n’est provisoirement utilisé que dans le traitement du cancer du sein récurrent ou disséminé en monothérapie ou en combinaison avec la chimiothérapie, et qui revient à 140.000 dollars par an à la communauté. Le traitement antiviral pour l’hépatite C, avec à peine 10.000 dollars, se situe encore plus bas que celui d’autres maladies. Autrement dit si un ministre de la Santé dispose d’un budget d’1 million, il pourra traiter 100 patients avec une hépatite C pour qu’ils puissent vivre un an de plus, le nombre le plus élevé parmi toutes les indications. Les patients avec un cancer du sein (Herceptin®) obtiennent le score le plus faible avec une dizaine de patients. »

Quand le CHAC crie à hue et à dia que la Belgique est le cancre de l’Europe en matière de lutte contre les hépatites virales, le slide suivant du Dr Pierre Deltenre également présent au Sénat, démontre bien cette triste réalité ? Il faut absolument que cela change et vite !!!

L’impact socio-économique des hépatites B et C


« Le traitement antiviral contre le VHC ou le VHB revient cher, mais il réussit à prolonger la vie du patient. »

Les patients coûtent fort cher à la communauté via l’INAMI, mais ils supportent personnellement une charge financière et socio-économique considérable. L’avis du Professeur Frederik Nevens, Chef de Service d’Hépatologie à l’UZ Gasthuisberg de la KUL Leuven. « Ces gens sont refusés pour une assurance solde dû pour un emprunt de construction ou de rénovation d’une habitation. Et si quelqu’un consent à les assurer malgré tout, la prime sera de loin supérieure au montant habituel. Autre exemple : un chirurgien ou un infirmier atteint d’hépatite C ne devrait pas pouvoir exercer sa profession en salle d’opération, parce qu’il y a un risque que son sang pénètre dans l’organisme du patient en cas de piqûre accidentelle. Et si l’employeur ou l’employeur potentiel sait à l’avance ou constate après une semaine de travail qu’un salarié souffre d’une maladie virale chronique, et qu’il doit suivre un traitement long, avec de nombreux effets secondaires, la position du patient sur le marché de l’emploi s’en trouve fort ébranlée. Une des plaintes classiques de l’hépatite chronique est la fatigue, entraînant une productivité et/ou une tolérance à l’effort réduite. »

A la discrimination professionnelle viennent s’ajouter les frais de traitement des complications. Frederik Nevens : « Deux situations sont possibles. Nous conseillons à un patient qui n’est pas candidat pour un traitement antiviral de voir son généraliste tous les quatre à six mois pour faire vérifier ses paramètres hépatiques. Si le patient suit un traitement antiviral, et qu’il est infecté par le génotype le plus fréquent (génotype 1), le traitement peut durer 11 mois, avec un suivi de 6 mois. Au cours de cette période, le patient devra voir son médecin au moins une fois par mois. »

Coûts du traitement du VHC et du VHB

Stades avancés de la maladie
Moyenne par an et en euros

Remarque importante.
Ces chiffres n’incluent pas le coût pour le patient notamment en matière de :
• consultations diverses chez le médecin généraliste
• frais dans la gestion des effets secondaires soit les médications et/ou consultations chez d’autres spécialistes que l’hépatologue pour :
• les affections dermatologiques (prurit, démangeaisons)
• les affections neurologiques et psychologiques (dépression nerveuse, stress, fatigue…)
• les affections rhumatismales et articulaires
• les affections endocriniennes (diabète, problèmes thyroïdiens) et cardiaques
• les autres affections telles que baisse de la vue, perte des cheveux, perte d’appétit…. (voir notice accompagnant les traitements)
• certains actes techniques pour lesquels aucun remboursement n’est prévu actuellement comme le fibroscan
(indispensable pour affiner le diagnostic et surtout pour assurer le suivi du patient – coût moyen d’un examen : ~ 50 euros) ou le fibrotest.
• certaines analyses comme certaines PCR
(actuellement seules 2 PCR sont remboursées alors qu’il en faudrait idéalement 4 – coût moyen d’une PCR : ~50 €)

Coûts du traitement du VHB

Coûts du traitement du VHC

S’il est parfois bon de prendre des décisions populaires immédiates et donc visibles, il n’en demeure pas moins que leur efficacité est limitée.
Toutefois, il est encore plus louable d’avoir la volonté d’actions au long terme, lesquelles sont bien plus souvent salvatrices.

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