Communiqué de presse: Rapport sur la première Journée Mondiale des Hépatites (19 mai 2009)

Rapport sur la première Journée Mondiale des Hépatites (19 mai 2009)

Communiqué de presse

de Muriel Colinet, présidente de l’association CHAC Carrefour Hépatites – Aide et Contact

Peut-être faudrait-il faire sortir les loups de la bergerie avant d’y faire entrer brebis et agneaux ?

Alors que la France vient de lancer un nouveau plan national de lutte contre les hépatites B et C, la Belgique, ses communautés et ses régions en sont toujours à se demander s’il faut s’en occuper.

Sans rentrer dans la polémique des responsabilités, il est surprenant de constater que les problèmes sont clairement plus importants qu’estimé à ce jour : à titre d’exemple, il y a 300.000 porteurs du virus de l’hépatite B en France et non 150.000 comme estimé jusqu’à présent. La contamination par la voie sexuelle demeure la plus importante. Les contaminations par le virus C étaient également sérieusement sous-estimées.

Dans ce contexte, on peut néanmoins se réjouir de la politique vaccinale belge contre l’hépatite B en se souvenant qu’il n’y a pas, hélas de vaccin pour prémunir la population contre l’hépatite C.

A contrario, la Belgique demeure un des rares pays où le traitement de l’hépatite chronique B ne suit en rien les «guidelines» européens, asiatiques et américains.

Notre pays se distingue par une absence d’accès aux médicaments les plus efficaces. En fait, il n’y a pas de problème d’accès, il suffit d’avoir une assurance privée. La prescription de tels médicaments ne pose aucun problème ni leur disponibilité mais ils ne sont pas remboursés.

Toujours à contrario mais en matière d’hépatite C,

Pour les patients qui présentent un génotype 1, 4, 5 ou 6, ce qui représente la majorité des patients en Belgique, une biopsie est indispensable pour obtenir le remboursement du traitement. S’il est clair que la biopsie est indiquée dans certains cas, il y a beaucoup d’autres cas où le remboursement du traitement pourrait être accordé sans biopsie, ce qui représente un frein au traitement puisque certains patients ont une crainte extrême de la biopsie qui par ailleurs n’est pas un acte médical sans risque et qui coûte également de l’argent à la société. De plus, il est certaines situations où il existe des contre-indications relatives à la biopsie ou des difficultés techniques et, malheureusement, tout hépatologue s’est déjà retrouvé dans une situation de requête spéciale aux médecins conseils essuyant un refus catégorique car ces derniers appliquent strictement la loi. Ces médecins conseils ne sont ouverts à aucun dialogue et sont par ailleurs très difficiles voire impossible à contacter.

• Il existe par ailleurs des techniques d’évaluation non invasive de la fibrose hépatique tel que le fibroscan ou le fibrotest
qui ne sont absolument pas remboursés en Belgique.
• Les malades du VHC chroniques avec transaminases normales sont purement et simplement exclus !
Pour ces patients, le traitement n’est pas remboursé. Cependant, 20 à 25% des patients avec transaminases normales
développent une fibrose significative dans le temps. Dès lors, il est déplorable de ne pas pouvoir considérer
un remboursement du traitement pour certains patients en particulier ceux qui ont des lésions significatives au niveau hépatique.

Même si beaucoup de bourgmestres sont devenus épatants (campagne «les bourgmestres hépatants»), nous sommes donc dans une médecine à deux vitesses mais on nous a dit de ne pas vous le dire, campagne électorale oblige…

www.hepatites.be ou www.chacasbl.be – info@chacasbl.be – Tel/Fax : 061/26.68.90

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